De la ruine à l’anastylose

Comment et pourquoi a été créée l'image la plus iconique de Glanum ?

Depuis au moins la Renaissance, les monuments antiques ont été restaurés pour les proposer à la visite.

Glanum n'échappe pas à cette problématique.

 

Médiation et conservation

La médiation en archéologie se heurte très souvent à un écueil majeur qui résulte de l’état de conservation très hétérogène des vestiges antiques.

Pompéi ou Herculanum demeurent des cas hors normes qui permettent aux visiteurs contemporains, de toutes générations et de toutes cultures, d’embrasser d’un seul coup d’œil les bâtiments d’une cité antique conservé parfois sur plusieurs étages, des fondations jusqu’aux acrotères (socles soutenant des ornements, disposés au sommet ou sur les deux extrémités d'un fronton).

 
La difficulté pour la majorité des sites archéologiques réside dans la complexité à appréhender des vestiges souvent conservés « au ras du sol » et à les imaginer en élévation, dans leurs dimensions originales.

Plusieurs formules ont toutefois été imaginées en forme d’aide à la médiation.

Pour les sites antiques de l’arc méditerranéen, de Rome à Carthage, d’Athènes à Corinthe, de Louxor à Abou Simbel, de Palmyre à Baalbek, d’importantes campagnes de restauration ont permis de relever les temples antiques dans leur dispositif architectural initial.

Dans les cas où les éléments architectoniques conservés (embasement, colonne, chapiteau, fronton) ne permettent pas une restitution totale, on propose une évocation de la volumétrie du sanctuaire.

Le choix de Glanum

Ainsi, l’anastylose, technique qui consiste à remonter une élévation partielle, a été mise en œuvre à Glanum au début des années 1990.

Ce type de démarche bien connue au sein de nombreux sites antiques a toutefois suscité au sein de la communauté scientifique des débats relayés par la presse.

Un « décor de théâtre » à l’échelle 1:1 a ainsi été mis en place afin de pouvoir juger de l’insertion de la restitution dans le site originel et de son impact visuel.

Le choix final s’est porté sur la restitution du pignon occidental du temple dédié à l’empereur Auguste, sa femme Livie et à ses enfants divinisés; fruit de la collaboration entre le Ministère de la Culture, les architectes et archéologues du CNRS de l’Institut de Recherche sur l'Architecture Antique d’Aix-en-Provence (13).

Au final, une réussite

Avec désormais une trentaine années de recul, force est de constater que le dispositif a bel et bien trouvé sa place au sein du parcours de visite dont il constitue un élément désormais incontournable.

Les enquêtes réalisées auprès des publics démontrent l’impact et la réussite du dispositif : la reconstitution demeure l’image plébiscitée par la grande majorité des visiteurs.

Il est intéressant de noter qu’à l’heure où le virtuel et les numérisations numériques 3D semblent constituer la panacée, l’image la plus iconique de Glanum demeure celle de l’anastylose des temples géminés magnifiés par les ciseaux des tailleurs de pierre contemporains.

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